Depuis quelques années, les nouvelles retentissantes concernant des humains « battus » par des robots se sont multipliées. Pourquoi ? Que s’est-il passé pour qu’un tel progrès soit possible ? À travers quelques cas pratiques, nous examinerons comment les capacités d’apprentissage des machines se sont développées, leur permettant ainsi de rivaliser voire de dépasser les humains sur certaines tâches.

Les robots joueurs : les premières victoires des machines contre les hommes

En 2011, l’intelligence artificielle d’IBM nommée Watson battait un des champions de la culture générale américaine au fameux jeu « Jeopardy » ; l’équivalent de « Questions pour un Champion ».

Extrait de l’émission rediffusée :

Encore plus spectaculaire, la victoire de l’intelligence artificielle AlphaGo (DeepMind, Google) en Mars 2016 contre le champion du monde du jeu de Go semble marquer un tournant historique : pendant des mois, AlphaGo a analysé une immense quantité de parties de Go entre des grands maitres. Puis, l’intelligence artificielle s’est entrainé en jouant contre elle-même pour se perfectionner.

Les robots juristes : le premier assistant juridique artificiel

L’usage de Watson (IBM) ne s’est pas arrêté au contexte du jeu grand public : depuis 2011, les enjeux n’ont cessé de croître.

Fin 2016, le cabinet d’avocats américain Baker et Hostetler a accueilli Ross, un assistant juridique artificiel construit à partir du code de base de Watson[1]. À quoi sert-il ? Capable de traiter un milliard de documents par seconde, cet assistant a pour vocation de soulager les avocats dans leur travail de recherche quotidien. En effet, les tâches de recherche peuvent s’avérer extrêmement fastidieuses pour les avocats tandis que Ross peut traiter de manière très rapide et efficace des quantités de textes, qui dépassent de loin les capacités humaines de traitement de l’information.

Libérés de ces tâches de recherche, les avocats pourraient se concentrer sur les activités de conseil, à plus forte valeur ajoutée, pour lesquels les robots ne sont certainement pas armés.

TedTalk du créateur de Ross sur l’intérêt d’un assistant juridique artificiel pour le métier des avocats et les citoyens :

Les robots journalistes : le premier robot journaliste

  En 2016, le Washington Post annonce de manière triomphale qu’après une longue période de développement, c’est son intelligence artificielle Heliograf qui couvrira les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro. En un an, ce « journaliste artificiel » a produit plus de 800 articles sur différents sujets et évènements : les élections américaines, les résultats de la bourse, les jeux sportifs, la météo, le trafic routier. Autrement dit, ce robot-journaliste a pour mission de produire des contenus factuels de manière rapide et en réduisant le taux d’erreur humain. En revanche, il ne lui est pas demandé de produire des articles d’opinions ou des subtilités stylistiques ;ce sont des exercices  encore largement hors de sa portée.

Tout comme Ross, Heliograf aurait pour vocation de délester les journalistes humains des tâches plus ingrates, moins stimulantes sur le plan intellectuel. Tout comme Ross, Heliograf dispose d’une capacité de traitement de l’information plus rapide et précise que n’importe quel journaliste humain, aussi compétent et expérimenté soit-il.

Article d’Usbek et Rica sur les intelligences artificielles dans le domaine du journalisme à lire ici.

Les robots bavards : le premier assistant vocal

Résultat de trois programmes de recherche, la première version de Siri voit le jour en 2011 et se fait presque immédiatement racheter par Apple pour être intégré à la nouvelle version de l’Iphone 4S : le téléphone à la pomme prend un train d’avance avec son assistant vocal. Siri est capable de reconnaître la voix humaine et de comprendre des commandes tel qu’écrire un message à notre place, enregistrer un rendez-vous ou encore jouer un morceau de musique. Siri marque aussi un tournant : celui de la reconnaissance vocale avancée et du traitement du langage naturel.

Keynote du Iphone 4S qui introduit Siri :

Evidemment, sa compréhension (ou plutôt sa capacité de reconnaissance) et son vocabulaire sont limités, mais l’arrivée de Siri ajoute une dimension d’interactivité encore jamais connue dans les interfaces homme-machines domestiques : les machines se mettent à sociabiliser.

De quoi ces premières fois sont-elles le nom ? Comment de telles avancées ont elles été permises ? Les réponses dans l’article suivant !

En savoir plus

[1] Pour en savoir plus sur l’intelligence artificielle d’IBM et ses usages : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/12/a-la-rencontre-de-watson-l-intelligence-artificielle-star-d-ibm_5093342_4408996.html